Les chamans

mercredi 28 avril 2010
Par André

Ils existent depuis la nuit des temps !

De la sibérie à l’amazonie, de la péninsule coréenne à l’amérique des grandes plaines, ils sont partout ! Ces médecins et devins jouent depuis des millénaires un rôle central au sein de nombreux peuples.

photo-chaman-Cosmovision-Shuar

Presque chaque région du globe a historiquement eu cette culture chamanique : Chez les inuits et les sami en Sibérie : « grands magiciens » aux yeux des scandinaves, les Scythes d’origine indo-européenne descendus de la mer noire l’ont transmis à la Grèce au VIIème siècle, en Chine le voyage des âmes, au Japon avec la sacralisation de la nature, la Corée avec les femmes mudang voyantes et guérisseuses, au Népal le peuple magar, en amérique les sioux, au Vénézuela les guajiro qui faisaient revenir les morts en pluie et les jivaro equatoriens qui réduisaient les têtes de leurs adversaires pour préfigurer les poissons à pêcher.

Véritable nébuleuse, le « panchamanisme » s’étend jusqu’aux aborigènes d’Australie et à leurs chemins d’initiation, ainsi qu’aux pygmées gabonais, preneurs d’iboga (une plante psychotrope), qui invoquent les esprits en présence d’un médiateur sacré. Mais le continent noir, abrite aussi la figure inversée du paste chamanique, l’officiant devenant l’épouse animale et sa transe manifestant un état de possession.

Sur la banquise, sous le yourte, dans le bush autralien, plus présentable que le sorcier, ce personnage vit en harmonie avec la nature (écocompatible), pratique du savoir ancestral (syncrétique), se montre bienveillant et rieur et nous console des médecins allopathes et des rapports d’experts.

Le chaman idéal appartient à une minorité autochtone en voie de disparition. Il acquiert alors un statut paradoxal, celui de figurer à la fois le remords et le rachat de l’homme blanc. Voilà pour les clichés.

Les missionnaires l’ont pris pour un possédé, une psychanalyse pour un « fou guéri ».

photo-chaman-spiritLe mot chaman nous a été légué par la langue toungouze, un groupe ethnolinguiste du nord de la sibérie. « saman » signifie « danser, bondir, remuer ».

« sam » designe le fait de s’agiter en remuant les membres postérieurs. Il s’agit ici d’une posture animale, mimétique du gibier, qu’évoque le chaman par son accoutrement et sa gestuelle. Nommé comme tel dès le XVIIème siecle par l’eglise orthodoxe russe, le chaman fait oeuvre de mediation entre le monde des humains et celui des esprits.

L’archéologie atteste de pratiques chamaniques dès le 5ème millénaire avant notre aire. On a retrouvé sur l’île au Renne, dans la mer arctique de Barents, des ossements sculptés figurant un homme s’élevant vers le ciel et portant une coiffure en forme de museau d’élan, l’un des attributs traditionnels du chamane. On retrouve également le même genre d’inscriptions sur des plaques de Bronze dites « Perm », datées du moyen-âge.

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Devenir chamane

On ne devient pas chaman parce qu’on le veut, mais parce qu’on consent à l’être (il n’y a guère le choix, sous peine de le payer de sa vie). La syncope ou la fugue dans la forêt en sont des signes précurseurs. Pour devenir chamane, l’homme se fait épouser par la fille de l’un d’entre eux, élan ou renne, et le voilà doté de l’entité preotectrice l’assurant de pourvoir les siens en cervidés.

La cérémonie

Le costume, les brames, le mime de l’encornement des mâles, le rut… Accessoire indispensable, le tambour, dont la peau est mâle, et le cadre femelle. Cet instrument acquiert dans une cérémonie le statut d’objet animé et sert de véhicule. Chants et danses, techniques de respiration, plantes psychotropes, modifient l’état de conscience jusqu’à l’accès de furie ou l’officiant tombe inanimé pour que s’accomplisse précisément le « voyage de l’âme ». et le commerce des esprits.

Envoyé spécial – voyages chamaniques

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